Mon chat a les yeux qui coulent…

Pourquoi l’œil coule ?

Un œil rouge, des yeux collés, un larmoiement, des paupières gonflées sont autant de symptômes d’appel d’un problème oculaire chez le chat.
On parle de larmoiement ou “épiphora” lorsqu’il y a un écoulement de larmes à l’angle interne de l’œil ou lorsque les larmes débordent des paupières.
Le larmoiement peut atteindre un œil ou les deux yeux. Les sécrétions peuvent être claires comme de l’eau, ou épaisses et purulentes.

Quelles sont les causes possibles de ces anomalies ?
Que faire si mon chat présente ces symptômes ?

L’œil coule s’il y a un excès de production de larmes ou une gêne à leur évacuation vers les cavités nasales et la bouche.
Le fait qu’un œil coule peut traduire une inflammation de différentes parties de l’œil : la conjonctive, la cornée ou encore les paupières.

Quelles sont les causes d’un œil qui coule ?

Les causes peuvent être :

Infectieuses (virus, bactéries)

C’est le cas dans le syndrome du Coryza.
Cette maladie est due à un ensemble d’agents pathogènes viraux (Herpesvirus, Calicivirus et Reovirus) et bactériens (Chlamydophila, Mycoplasma et Bordetella).
Un chat atteint de coryza présente des écoulements oculaires généralement épais et purulents, des écoulements nasaux, des éternuements, souvent de la fièvre, un abattement, et parfois de la toux ou encore des ulcères buccaux.
Le coryza peut être mortel, notamment chez les chatons ou les sujets immunodéprimés. La vaccination des chats dès l’âge de deux mois permet de les protéger efficacement contre cette maladie.

Traumatiques

Un choc, un corps étranger dans l’œil, un coup de griffe peuvent générer un ulcère et une inflammation de la cornée, se traduisant par un œil rouge, un larmoiement, une douleur oculaire (le chat cligne alors très fréquemment de l’œil, il cherche à se frotter l’œil sur toute sorte de surfaces…).

Anatomiques

Le canal lacrymal est un petit canal qui permet l’écoulement des larmes de l’œil vers les cavités nasales.
Le canal se situe dans le canthus interne de l’œil (angle interne) et débouche dans les cavités nasales. Il arrive que ce canal soit bouché, générant un larmoiement continu.
Par ailleurs, dans certaines races brachycéphales (à nez court) comme le Persan, la conformation de la tête et des paupières peuvent empêcher l’accès des larmes à ce système de drainage. Cela se traduit également par un larmoiement continu même si le canal lacrymal n’est, dans ce cas, pas bouché.

 

 

Enfin, un cil mal implanté ou un entropion (anomalie de la paupière entraînant un enroulement de la paupière vers l’intérieur) peuvent induire un frottement sur la cornée et entraîner une importante inflammation de la cornée, voire un ulcère cornéen.

Inflammatoires

La conjonctive est la partie muqueuse recouvrant l’intérieur des paupières. Elle peut être inflammée et provoquer une rougeur et un écoulement oculaire. Outre les origines infectieuses, une conjonctivite est observable lors d’allergies ou d’exposition à des aérosols toxiques irritants.

Quels soins réaliser en première intention ?

Si votre chat présente un larmoiement, vous pouvez lui nettoyer l’œil avec une lotion oculaire stérile spécifique pour chats. La lotion doit être administrée directement dans l’œil de l’animal. Le surplus qui coule doit être essuyé délicatement à l’aide d’une compresse. Évitez d’utiliser du coton qui risquerait de laisser des petits filaments dans l’œil de votre chat.

Pas d’auto-médication !

Si les lotions oculaires stériles utilisées pour le nettoyage de l’œil ne peuvent en aucun cas être dangereuses, ce n’est pas le cas des collyres. 
Il est contre-indiqué d’administrer vous-même un collyre sans avoir consulté votre vétérinaire. Selon la pathologie oculaire dont souffre votre animal, l’utilisation d’un collyre inadapté peut aggraver l’état de son œil et entraîner de très graves lésions !

Si votre chat souffre d’un larmoiement, il est nécessaire de prendre rendez-vous chez votre vétérinaire. Celui-ci procèdera à un examen ophtalmologique complet de votre animal.

Suite à l’examen ophtalmologique, il vous prescrira, le plus souvent, un traitement local constitué de collyre(s). Dans le cas du coryza, un traitement antibiotique par voie orale sera prescrit, associé, si nécessaire, à un traitement par aérosols. Dans certains cas d’ulcères graves de la cornée, l’aide à la cicatrisation de l’ulcère nécessitera un recouvrement provisoire de l’œil (ce recouvrement s’effectue en suturant la troisième paupière sur la conjonctive supérieure). Enfin, dans de rares cas, le vétérinaire peut être amené à faire une intervention chirurgicale plus lourde.

 

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Les écoulements oculaires peuvent donc être, selon leur cause, bénins ou plus graves. L’automédication est toujours à proscrire. Il vous faut, dans tous les cas, consulter sans tarder votre vétérinaire pour qu’un diagnostic soit rapidement posé, que les lésions oculaires n’aient pas le temps d’évoluer et pour que votre animal soit traité et donc guérisse au plus vite.

Auteur : Dr. Magali Pernot. Illustratrice : Dr. Caroline Allard – Vetup®